OBSERVATOIRE SUR LES FRAUDES
AUX GREFFES DE CHEVEUX

Antichutes et secrets des études cliniques

Depuis plusieurs années, des charlatans, qui commercialisent, au prix fort, des antichutes capillaires - compléments alimentaires (gélules, capsules, et autres granules) à base de pépins de courge ou de cartilage de requin, par exemple,  des lotions, des sérums, etc. - s’adressent à un centre dermatologique pour soumettre leurs derniers antichutes, qu’ils prétendent révolutionnaires, afin que les spécialistes dudit centre procèdent aux essais cliniques des produits qui leur sont présentés. Aucun n’est écarté, car, peut-être, se trouvera-t-il parmi tous ces antichutes présumés « la » « molécule » capable de traiter un très grand nombre de cas de chutes de cheveux anormales ou prématurées - particulièrement l'alopécie androgénétique, qui touche majoritairement les hommes -, car, faut-il le rappeler, il y a en France, douze millions de personnes concernées par des problèmes capillaires. Soit, près de 20% de la population. Comme un centre dermatologique reçoit, chaque année, en consultation, des milliers de personnes affectées par des problèmes du cuir chevelu, il est évident que c’est un terrain idéal pour y conduire des essais cliniques, sérieux et argumentés. Pas comme ces essais « cliniques » bidon, conduits dans certains laboratoires privés, qui facturent, environ, chaque essai, la « modique » somme de 30.000 euros, pour «réaliser» une étude(sic) portant sur quarante ou soixante-dix personnes recrutées par voie de presse - ce qui, bien sûr est insuffisant, car pour un véritable essai clinique, il faut au moins 300 personnes (bien trois cents) incluses dans la cohorte - et, pour ce prix-là, le charlatan en aura pour son argent, car, il est toujours possible, en « manipulant » les extrapolations de ces essais (?) «cliniques» de conférer à n’importe quel produit bidon, des vertus «révolutionnaires.» D’ailleurs, s’appuyant sur de tels essais (sic), réalisés en France ou à l’étranger, des charlatans du cheveu ont communiqué sur des résultats biaisés, en prétendant que leurs compléments alimentaires antichutes (sic) étaient « révolutionnaires », et que les essais cliniques (sic) de leurs antichutes (re-sic) avait été réalisés dans un laboratoire « agréé par le Ministère de la Santé. » Toujours pour en mettre plein la vue aux gogos ! Car, faut-il le préciser, tous les laboratoires biologiques ou pharmaceutiques, qui existent en France, sont OBLIGATOIREMENT agréés par le Ministère de la Santé. Le PLUS, pour convaincre davantage les personnes crédules, parce que fragilisées et déstabilisées par leurs problèmes capillaires, c’est de s’adjoindre, pour faire plus sérieux et scientifique (sic) les «services» d’un biologiste ou d’un médecin en mal de reconnaissance rétribuée, en alignant dans la publicité - presse, radio, Internet - un C.V. à rallonge pour convaincre de la validité des essais cliniques conduits sous son «autorité et son contrôle».

Mais, les charlatans capillaires préfèrent plutôt la caution d’un centre de dermatologie, que celle de certains laboratoires privés qui, moyennant finances, produisent les résultats attendus par le charlatan, qui les paye pour cela. Dans ce cas, à l’issue de l’essai clinique (sic), le charlatan du cheveu se verra remettre une somme de documents, avec chiffres, pourcentages, courbes, graphiques, etc., qui justifiera le prix de 30.000 euros. Mais pour un charlatan capillaire, 30.000 euros est une somme dérisoire, puisque ce fameux essai lui servira de levier pour étoffer sa publicité mensongère, en jouant sur les mots, et, mine de rien, en employant le conditionnel… dans chacune des phrases du prospectus. Le retour sur investissement sera très rapide. Surtout si l’antichute charlatanesque bénéficie d’un «packaging» - emballage en français dans le texte - comparable à celui d’un médicament, et, argument suprême : « Vendu en pharmacie ! » Le Code de la Santé publique interdit la présentation d’un produit, qui n’est pas un médicament, mais en ayant l’apparence. Mais, chacun sait que les charlatans de l’antichute révolutionnaire (sic), se moquent de la loi comme de leur premier antichute bidon. Ils ont toujours plusieurs longueurs d’avance. Et même, s’ils se font «tirer l’oreille» par les autorités sanitaires, l’amende qui, éventuellement, leur serait infligée, sera ridicule par rapport au profit réalisé. D’autant que leurs antichutes « révolutionnaires », présentés comme naturels, n’ont nul effet sur quoi que ce soit. Sauf sur leurs comptes bancaires.

Pour en revenir aux essais cliniques dans un centre de dermatologie, le charlatan capillaire joue sur du velours : si les essais démontrent - ce qui, à ce jour, ne s’est jamais produit - que son antichute est vraiment révolutionnaire pour enrayer ou stopper les alopécies - androgénétiques ou pas -, c’est un super jackpot - déjà, avec certains laboratoires privés, avec un essai clinique bidon, c’est déjà le jackpot -, et il pourra sur toutes les ondes, sur toute la ligne, crier au monde entier qu’il a enfin « découvert », « inventé » le seul antichute universel, qui réussit là, oû tous les autres ont échoué, et là, c’est Super Bingo ! Ou, son antichute présumé « révolutionnaire » « ne vaut pas un clou », et… personne ne le saura, car le charlatan du cheveu, vous pensez bien, n’ira pas le crier sur les toits. Mais, nous direz-vous, les investigateurs, qui ont conduit les essais cliniques pourraient, sur la place publique, révéler que l’antichute (sic) qu’ils ont testé n’a aucune efficacité dans les affections capillaires, mais… Oui, il y a un MAIS, car les investigateurs, par contrat avec l’affairiste du cheveu, s’engagent à ne jamais faire état des résultats si ceux-ci sont négatifs. Mais, encore un MAIS, le charlatan capillaire, lui, alors qu’il a été prouvé lors des essais cliniques conduits par le centre de dermatologie, que son antichute était vraiment bidon, passera outre - puisque les investigateurs, par contrat, sont tenus par la clause de confidentialité - et pourra, comme si de rien été, continuer ses publicités massives et récurrentes pour son antichute charlatanesque - radio, télévision, presse, Internet - pour appâter le plus grand nombre.
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